mercredi 9 janvier 2013

On prend les mêmes et on recommence...

10h30, dans la salle d'attente du cabinet de gynécologie :

J'ai rdv chez la gynéco pour "préparer" l'IAC n°2, qui devrait avoir lieu mi-février.
J'ai comme une impression de déjà-vu.
Sauf que cette fois, il n'y ni suspens, ni excitation.
Serais-je déjà blasée ?

11h00, dans le cabinet de la gynéco : 

L'imprimante tourne à plein régime :
- Ordonnance d'acide folique (je suis persuadée que ça ne sert à rien...)
- Ordonnance de Ménopur et d'Ovitrelle.
- Ordonnance pour la sonde et la cupule.
- Ordonnance pour les prises de sang.
- Ordonnance pour les échographies. 

Elle me refait d'ailleurs une petite écho des ovaires, pour la route (si j'avais su, j'aurais mis un jean plutôt qu'une jupe. Les collants, c'est plus long à remettre...). Tout roule (Ben alors... où est le problème ?!)

A priori, cette fois, je ne devrais avoir aucune question à poser.
Après tout, on reprend les mêmes et on recommence !

Pourtant, quelques questions me trottent dans la tête...
- J'ai une petite question... (plus d'une en réalité, mais je ne veux pas l'effrayer)
- Je vous écoute.
- Dites, Madame, combien on fera d'IAC, avant de passer à la FIV ?? Si on doit ensuite être orientés vers un service de PMA, les délais seront-ils très longs ? Genre 1000 ans ?? Si les délais sont longs (genre 1000 ans), n'a-t-on pas intérêt à prendre un rendez-vous sans trop attendre (genre tout de suite). Et pourquoi suis-je aussi pessimiste quant à la suite ? C'est grave, docteur ?  
(Euh, celles-là, elles sont restées bien au chaud dans ma tête)

Pour une fois, ses réponses ont été claires.
6 tentatives. Mais on rediscute de la suite de la procédure entre chaque essai.
Les délais sont longs. Si besoin, on anticipera. On n'attendra pas la 6e tentative pour les appeler.

Merci. Parce que tout est tellement incertain en ce moment,
Que j'ai besoin de savoir un peu où je vais. 


Le tunnel que je prends à pieds,
Et que mes copines prennent en  porsche...



vendredi 4 janvier 2013

Programme TV



"Mother f*cker", le spectacle de Florence For*sti sur la maternité est rediffusé ce soir.
Il y a 3 ans, il m'avait beaucoup fait rire.
Là... je ne sais pas pourquoi... ça m'amuse nettement moins.

M'en fous, j'avais envie de bouquiner...

mercredi 2 janvier 2013

2013 ou l'année de mes 30 ans

2013 sera l'année de mes 30 ans.

Même pas peur !
Tout comme je quitte sans regret 2012 et ses galères (l'infertilité n'en étant qu'une parmi d'autres), je quitterai sans regret ma vingtaine et ses casseroles.

L'année de mes 20 ans, j'ai beaucoup entendu :
Profites-en ! C'est la plus belle période de ta vie !

Pourtant, jamais la vie n'a été aussi dure, aussi sombre, aussi angoissante que cette année là. Même l'infertilité est, pour l'instant, moins douloureuse que ce gouffre dans lequel j'étais tombée.
Mais, au milieu de tout ça, une certitude. Un espoir, plutôt...
30 ans serait l'âge où je me réconcilierais avec moi-même.

Aussi, quoi que me réserve 2012 (IAC à répétitions ? FIV ? Bébé ?),
Il y aura une belle aventure à vivre :
Celle de l'entrée dans la trentaine,
L'âge de la réconciliation.

Je vous souhaite une très bonne année à toutes.
Merci à vous de venir et de revenir,
Merci à vous de me lire,
Vous n'imaginez pas comme tout cela me fait du bien.

J'ai le sentiment d'avoir fait émergé quelque chose de tout ce "rien", de cette absence.
Et j'y trouve un grand apaisement.


dimanche 30 décembre 2012

Ironie du sort

Je m'étais promis une chose :
Ne pas être uniquement "une maman" une fois devenue mère.
Ne pas me définir uniquement par le fait d'être la mère de mes enfants.
Ne pas négliger le reste.

Parce que j'ai souvent le sentiment que c'est le cas de ma propre maman.
C'est une maman. Bon... pas uniquement une maman...
Mais surtout une maman.
Et... des fois... je trouve ça lourd à porter.
J'ai le sentiment d'avoir une lourde responsabilité.
Celui d'être la source number one de son bonheur
(enfin, moi et le reste de la fratrie, bien sûr...
Mais le reste de la fratrie ne semble pas trop s'en soucier). 
Une lourde responsabilité, donc, que je ne voulais pas imposer à mes enfants. 

Sauf que, dans les faits,
Alors même qu'ils ne sont pas nés,
Ils prennent déjà TOUTE LA PLACE. 

J'ai le sentiment
de ne plus me définir que par ça
de ne plus penser à autre chose
de ne plus avoir envie d'autre chose
de ne plus avoir envie de parler d'autre chose.

Quelle genre de mère pourrai(s)-je être, après une si longue attente ?
Probablement pas celle que je souhaitais être...

Vous me direz peut-être que ce n'est pas bien grave,
Que si je deviens mère un jour, je me moquerai bien de mes promesses de jeunesse.

Mais quand même.
Je me vois changer.
Mais ce n'est pas le genre de changement que je souhaitais...




mercredi 26 décembre 2012

Le Père noël est une ordure...

... ou alors, il n'est pas très doué.
Parce que, je crois bien qu'il s'est trompé de chausson. 

Certes, je ne lui ai pas écrit de lettre officielle. Mais, ces dernières semaines, à chaque fois que l'on me demandait quel cadeau je souhaitais, très très fort, je pensais : Un bébé. A force, il a bien dû m'entendre, non ?

Mais dans mon chausson utérus, il n'y a toujours pas de bébé.

Par contre, il est très probable qu'il y en ait un dans celui de ma cousine...

Parce qu'elle est partie se chercher un verre d'eau dans la cuisine,
plutôt que de prendre l'un des verres de champagne disposés sur la table.

Et parce qu'elle n'a pas bu autre chose de toute la soirée.  
Elle qui aime tant le bon vin.

En l'espace de quelques secondes, ma soirée est passée de ça :



à ça :

Potentiel fœtus me regardant en ricanant...


Lorsqu'elle m'a expliqué avoir été malade la veille, j'ai eu un petit espoir.
Après tout, peut-être s'abstient-elle de boire de l'alcool à cause de cela ?

- Peut-être que ce n'est qu'une gastro ! ai-je glissé à MonMari au détour d'un couloir.
- Peut-être pas. Son mec était en train de parler "annonce de grossesse" avec ton oncle.

Heureusement, il était déjà tard. Nous avons donc filé.
Mais quitter un réveillon de noël en pleurant, ça pue. 

A noter cependant...
Si ça se trouve, la meilleure illustration de cette soirée gâchée serait celle-ci :



Peut-être ai-je peur de mon ombre.
Peur de ma peur.

Mais, finalement, le résultat est le même.
Désormais, mes cauchemars commencent où s'arrête le bonheur des autres. 


vendredi 21 décembre 2012

Météorologie

Conversation téléphonique entre MonMari et l'un de ses potes. 
Je sais qu'ils vont parler PMA, alors j'écoute (oui, je suis indiscrète). 

- ...
- Ben, oui... Petit moral. Bon, on savait que le pourcentage de chances que ça fonctionne était limité, mais... on ne peut pas s'empêcher d'y croire, dans ces cas-là.
- ...
- En fait, le truc, c'est que tout s'est fait très vite [très vite ?!? il déconne ou quoi !?! ça fait deux ans, qu'on attend !!!]. Le 14 novembre, on apprenait qu'on allait commencer la PMA, deux semaines plus tard, Octobre commençait les injections, et quinze jours après, à peine l'insémination faite, on découvrait que la stimulation ovarienne n'avait pas marché ! En bref, on a à peine eu le temps de se réjouir, de prendre conscience que la PMA était lancée, que déjà on a essuyé un premier échec.

Tout à coup, les choses sont devenues limpides.
Il a suffi de quelques mots, posés sur mes maux, pour que la tempête s'apaise ... 
(spéciale dédicace à Enfant du don, à qui je dois cette métaphore)

Les débuts de la PMA étaient censés nous redonner espoir.
Mais d'espoir, il n'y en a finalement pas eu beaucoup. Ou du moins, pas longtemps.
Peut-être que cela vaut mieux.
Peut-être que l'on tombe de moins haut.
Mais ça fait tellement bien, de pouvoir espérer un peu.
Juste un peu.

Petit à petit, 
le poids que je portais est devenu moins lourd, 
la colère qui me minait est devenue moins violente,
Petit à petit, 
je laisse derrière moi cette IAC 1,
Celle à laquelle je croyais si fort,
Sans même m'en rendre compte.






lundi 17 décembre 2012

Envie (de rien)

"Qu'on me donne l'envie
L'envie d'avoir envie"

Je ne suis pas vraiment fan de Johnny.
J'ai rien contre, hein ?
Mais j'ai rien pour non plus.
Mais cette expression, "l'envie d'avoir envie", elle me parle terriblement.
Surtout en ce moment,
Où je n'ai envie de rien :
Ni d'aller bosser,
Ni d'aller danser,
Ni de voir nos potes,
Ni de lire,
Ni d'aller au cinéma (chez moi, c'est inquiétant)
Ni de me lever le matin. 

J'ai juste envie de dormir.
De rester sous la couette.
Pour ne penser à rien. 

C'est en expliquant ça à MonMari que je me suis rendue compte que ce premier échec m'avait plus sérieusement ébranlé que je ne le pensais... Je crois que, au fond, je n'imaginais pas que ça puisse ne pas marcher.
Mais ça n'a pas marché.
Et cette peur sourde,
Celle de ne jamais être maman,
Celle qui oppresse et étouffe,
Cette peur sourde est de nouveau là...

Je voudrais bien pouvoir lutter contre cette peur
Me changer les idées, comme on me le recommande si souvent.
Mais pour ça, faudrait que j'ai envie de quelque chose.
Et là, je n'ai envie de rien.
Si, d'une chose seulement
L'envie d'avoir envie d'autres choses que d'un bébé.