- Mais tu n'as pas écrit beaucoup de chansons pendant ces années.
- Je n'ai rien écrit du tout... Tu sais, ça a été un événement important pour nous d'avoir un bébé. Les gens oublient peut-être à quel point il a été dur pour nous d'avoir un enfant et le nombre de fausses couches que Yoko a faites [...] Mais nous avons réussi à avoir l'enfant que nous essayions d'avoir depuis dix ans et, bon Dieu, pas question de tout foutre en l'air.
J'ai levé la nez. Alors eux aussi ?! Mais bon sang... Dix ans...
***
L'autre jour, je suis allée boire un verre avec une copine.
En se promenant, on croise ma cousine.
Je suis ravie : ça fait si longtemps. Depuis noël, en fait.
Soyons honnête. Je suis surtout ravie de constater qu'elle n'est pas enceinte.
MonMari et moi avons nous tout imaginé ??
Y a-t-il eu début de grossesse, puis fausse couche ??
Impossible à savoir sans en discuter avec elle. Un jour peut-être.
Lorsque nous nous éloignons, je raconte toute l'histoire à ma pote.
Elle est effarée. Tombe des nues. N'avait pas réalisé. Ainsi, la souffrance peut aller jusque là ? Jusqu'à ne plus pouvoir se réjouir pour ceux qu'on aime ??
Pourtant, elle sait. Elle sait bien. Puisque c'est l'une de celles qui m'offre la meilleure écoute.
Mais ça, elle ne l'avait pas imaginé.
Je lui explique : J'ai tellement peur que cet enfant ne vienne jamais.
Alors elle me raconte : parmi les mamans qu'elles croisent dans son travail (et dans son boulot, elle en croise, croyez-moi !), elles sont nombreuses à être passées par la PMA. Des années et des années d'acharnement. Pour finalement tenir dans leurs bras leur enfant. Et ma copine de conclure. "Alors oui, ça peut être long. Mais il va arriver cet enfant. J'en suis absolument certaine."
Son ton est en effet sans appel.
***
J'ai beau savoir que non, toutes les histoires ne se terminent pas comme un conte de fées,
Que certains couples se marient (ou pas) et n'ont pas d'enfants,
Ces deux témoignages, fort différents, mais complémentaires, m'ont fait du bien.
Parce qu'il y a des jours où y croire encore est difficile.
Parce qu'il y a des jours où le souffle me manque pour continuer à avancer.
Ces jours-là, c'est agréable d'entendre que, même pour nous, les infertiles, ça peut marcher.



