mardi 24 septembre 2013

C'est fini...

C'est fini, l'IAC 3.

C'est fini, de croire que celle-ci, ce sera la bonne.
C'est fini, de voir des signes à tous les coins de rues.

C'est fini, l'espoir que 220 000 spermatozoïdes peuvent suffire.

C'est fini, le rêve d'une grossesse en 2013. 
C'est fini, l'espoir d'être enceinte le jour de mes 30 ans.

Mais, d'un autre côté...
C'est fini, l'attente insupportable.
C'est fini, de s'empêcher d'y croire.
C'est fini, de rentrer la tête dans les épaules, en prévision de la grosse claque.
C'est fini, l'épreuve de l'ouverture de l'enveloppe.

Et puis, en plus de tout cela... 
C'est fini, les ovules de progestérone. 
C'est fini, les seins douloureux pour rien.

Je suis triste et fatiguée.
Mais aussi soulagée.
Tout ça, c'est fini.

Les IAC aussi, d'ailleurs...
C'est fini.

La prochaine fois, ce sera une FIV.
C'est Princesse Sarah qui l'a dit.
Mais ça... ce ne sera pas avant Février.

D'ici là, 2013 sera fini.
La troisième année d'essais aussi.

Bientôt, on reprendra rendez-vous au CHU.
C'est Princesse Sarah qui l'a demandé.
Mais ça.. c'est MonMari qui le fera.

D'ici là, on aura eu le temps de cicatriser.
Une page de PMA sera définitivement tournée.



lundi 23 septembre 2013

DPO 14 : C'est pour demain

Le prise de sang est pour demain.
Le lundi est une bien trop longue journée pour que j'y case une prise de sang.
Je pars au boulot avant l'ouverture des labos.
Je rentre du boulot... une fois les labos fermés.
Une longue journée, quoi ! La plus longue de la semaine.

Je dois trépigner, me direz-vous.
Un peu. Pas tant que ça.
Mon corps, lui, se consume d'impatience.
J'en veux pour preuve les litres de larmes déversées ce matin, entre deux cours.
Je ne les avais pas senties venir.
(Pourtant, j'aurais dû m'en douter ! Je pleure un jour sur deux, en ce moment...)
"Il est temps que ce protocole-là prenne fin", me dit mon corps.

Ma tête, elle, tente de me raisonner :
"Profites-en.
Tant que le résultat de la PDS n'est pas entre tes mains,
Tu as encore le droit d'y croire. 
Pas trop, parce que 220 000,
Mais un peu, quand même, parce que l'espoir fait tenir."
Mais moi, je sais ce qu'elle a en tête, ma tête !
Elle se dit qu'il y a pire que de tenir entre ses mains le résultat de la PDS. 
Il y a ce qui vient après :
La vie qui continue, alors qu'on n'a plus l'énergie d'avancer.

Voilà ce que se disent mon corps et ma tête.
Et puis, entre les deux, il y a mon petit coeur qui murmure :
"Attention : à  force de pleurer sur celui que tu n'as pas,
Tu oublies de profiter de celui que tu as."
MonMari. 

Entre mon corps, mon coeur et ma tête,
Mon coeur balance et je ne sais plus où donner de la tête.
Vivement demain.



mercredi 18 septembre 2013

DPO 9 : Pendant ce temps...

Pendant que je m'enfonce des ovules de progestérone dans le vagin...

- Ma Belle-Mère me relate en riant les dernières bétises de mes neveux. 
- MonMari continue ses consultations IVG.
- Ma voisine d'en face berce doucement sa fille qui chouine.
- Ma voisine du dessus achète un cosy et des vêtements de bébé.
- Ma voisine du dessous commence à afficher des rondeurs plus que douteuses. 
- Ma copine de toujours fête les deux ans de son fils.
- Ma copine de fac s'apprête à reprendre le boulot (fin de congé mat').
- Ma copine de fac (une autre) attend un bébé.
- Ma copine de boulot envisage le deuxième (lorsqu'elle est tombée enceinte du premier, cela faisait déjà un an que j'attendais). 
- Mon trentième anniversaire approche.
- Ma patience s'amenuise.

Et pourtant, pendant que je m'enfonce des ovules de progestérone dans le vagin...

Je me dis qu'il faut que je profite de ces quelques jours,
Ces quelques jours où l'espoir est encore permis.
Parce qu'après la prise de sang, il faudra bien se rendre à l'évidence :
Les choses vont être encore plus longues et plus difficiles que prévues...


Ps : Et merci à vous pour tous vos petits commentaires d'encouragement ou de soutien. Je n'ai pas pris le temps de répondre à chacune (because manque de temps, because le taf). Mais ils me font un bien fou... Des fois, je me demande comment je ferais sans vous, vos blogs et vos passages par ici. :)

Ps 2 : Pendant ce temps, quelqu'un atterrit sur mon blog en tapant "baisse ma culotte". S'il repasse par là, je le salue chaleureusement. :)


samedi 14 septembre 2013

DPO 5 : Evolution

Il y a encore quelques temps, j'étais du genre sensible. J'avais "la larme facile".
Aujourd'hui : c'est pire. 

L'autre soir, après avoir terminé mon boulot, je rejoins MonMari devant la télé.
"Le film que je regarde est génial ! me dit-il. Tu le connais ? "
Oui.
Il paraît que lorsqu'on a beaucoup pleuré, on dort profondément la nuit suivante. 
J'ai dormi très, très profondément, la nuit suivante. 




Ce matin, MonMari m'a fait découvrir le clip d'une des chansons de Stromae.



Au bout d'une minute, j'avalais ma salive un peu fort.
Au bout de deux minutes, de grosses larmes roulaient sur mes joues.

La fin des larmes, c'est pour quand ?


En revanche, il y a encore quelques temps, j'étais du genre infertile aigrie.
Aujourd'hui : je suis (un peu) BAMP !

Après avoir pleuré devant Stromae, MonMari et moi sommes allés acheter des bouquins.
A la Fn*c, pour ne pas les citer (je sais, la Fn*c, c'est le mal. Mais... bon, bref). Et là...

Au rayon "développement personnel", je fais semblant de chercher le Guide de survie à l'usage des couples infertiles. Mais je sais pertinemment qu'il ne s'y trouvera pas. Concrètement, ce rayon abrite environ 250 livres d'accompagnement à la grossesse, 4 malheureux bouquins traitant de l'adoption et... c'est tout. Alors je m'adresse à l'une des vendeuses.
Je lui explique ce que je cherche.
Elle pique du nez vers son ordinateur et évitera soigneusement mon regard pendant tout le reste de la conversation.
- Moi : Bonjour, je cherche le Petit Guide à l'usage des infertiles, d'Audrey Leblanc. Mais je ne le trouve pas. Et d'ailleurs, je ne sais pas bien où chercher.
- Elle, sans un sourire : Je vais regarder. Je ne trouve pas. Ah si. Le livre s'appelle Guide de survie à l'usage des couples infertiles. Mais il n'est pas arrivé. Je vous le commande ?
- Moi : Ben... non, pas forcément. Il doit arriver bientôt ? Il y a une commande en cours ?
- Elle, d'un ton sans appel : Non.
- Moi : Bon... ben... non, c'est pas grave : je le commanderai sur internet (n.b. : c'est fait !). Mais, sinon, avez vous d'autres ouvrages sur la question ? (Oui, je sais, je suis une sale fourbasse).
- Elle, souriant encore moins si c'est possible : Je ne sais pas. Ma collègue est partie déjeuner. Je vais regarder dans le catalogue... Et bien non. On n'a rien.
- Moi, prenant mon courage à deux mains : C'est dommage. Y a-t-il possibilité de faire des "suggestions d'achat" ? Parce que... ça me semblerait bien qu'il y ait des livres sur le sujet.
- Elle : Je transmettrai.
Fin de la conversation.

C'est trois fois rien, hein ?! Mais j'avais quand même le coeur battant.
Un peu gênée, mais drôlement fière d'avoir osé dire tout haut ce que je pense tout bas depuis deux ans : il n'est pas normal que la Fn*c (de chez moi) ne propose pas le moindre livre sur un problème concernant 1 couple sur 6.
Au centre "Cultur*" de Lecl*rc, au moins, il y en a deux ou trois. 

mardi 10 septembre 2013

DPO 1 : Gueule de bois

Lorsque je me suis réveillée ce matin, j'étais en mode "boulot". 
Donc je n'ai pas réalisé tout de suite. 

C'est un peu plus tard, lorsque je suis rentrée chez moi, que je l'ai sentie. 
La Gueule de bois...

Hier, j'ai pas fait gaffe. Je me suis autorisé un plein verre d'optimisme, je me suis enivrée d'espoir. 
Aujourd'hui, j'ai juste mal au crâne. J'essaie de me souvenir... 220 000 ?? Et j'ai décrété que tout espoir n'était pas perdu ?? Mais quelle conne !  Je me traîne. Je grommelle. Je voudrais pouvoir avancer dans mon taf. Mais comment bosser, lorsqu'on a le sentiment que sa tête pèse des tonnes ?

Et puis, au fur et à mesure, la Gueule de bois fait place à la colère
Colère contre moi-même : d'y avoir crû.
Colère contre cette pute de DN : de nous avoir, une fois encore, mis un nombre sous le yeux qui nous interdit de rêver un peu. 
Colère contre Princesse Sarah : de nous laisser y croire. 
Colère contre MonMari : de faire confiance à Princesse Sarah. 
Colère contre moi-même : de ne pas parvenir à me raisonner et de continuer... à y croire.

"Seulement" 2 ans, 8 mois et quelques jours...
"Seulement" la 3ème IAC

Et pourtant, j'ai l'impression d'être déjà usée : aigrie, blasée, fragilisée.
Combien de temps, encore, avant de ne plus avoir l'énergie de se battre et de baisser les armes ?

lundi 9 septembre 2013

220 000

220 000, c'est le nombre de spermatozoïdes inséminés aujourd'hui.
Un bien petit cortège... 
Un bien mauvais recueil, par rapport aux tentatives et examens faits ces deux dernières années.
Un bien piètre résultat que rien ne semble expliquer.
Que ni le biologiste, ni la gynéco ne comprennent.

Des chances que le miracle ait lieu considérablement réduites. 

Mais qu'importe. 
On a décidé d'y croire.
On est plein d'espoir.
Naïfs ? Peut-être bien, oui.
Mais n'y avons-nous pas le droit, nous aussi ? Ne serait-ce que quelques jours ?
Alors on le prend là où le trouve.

Hors des protocoles, on ne s'autorise plus à espérer. Ou si peu. Si furtivement.
Aujourd'hui, j'ai envie de rêver.

Et puis, il paraît qu'il en suffit d'un.



samedi 7 septembre 2013

Tout le monde croise !

Lundi prochain, à midi, entre le dessert et le café : tout le monde croise, svp !
Tout le monde croise pour que mon petit follicule
aka : le petit follicule repéré lors de l'écho de lundi dernier,
aka : le petit follicule devenu grand follicule puisqu'il avait atteint 18 mm jeudi matin,
aka : THE follicule, quoi
expulse un ovule digne de ce nom.

Lundi prochain, à midi, entre le dessert et le café : tout le monde croise, svp !
Toute le monde croise pour que mon petit ovule-digne-de-ce-nom
Daigne se laisser pénétrer par un spermatozoïde-digne-de-ce-nom-aussi.

Et puis, tant que vous y êtes...
Si vous voulez bien croiser quelques petits jours de plus...
Disons... une quinzaine...
ça me permettrait d'augmenter mes chances de voir ma 3ème IAC fonctionner.

Merci tout le monde !!

Et pendant ce temps, Nana, je croise pour toi. :)