dimanche 30 juin 2013

Un joyeux non-anniversaire !


Quand on est petit, l'âge, c'est quelque chose de sérieux. De très sérieux.

- Quel âge as-tu, jeune fille ?
- 8 ans presque et demi.
- Et toi ? 
- Neuf ans trois-quart.

Quand on est en PMA, le nombre de cycles, mois, années... passés à essayer de concevoir, c'est quelque chose d'important. De très important

- Et depuis combien de temps essayez-vous de faire un enfant ?
(bon, en vrai, personne ne te demande ça. A part ton gynéco, le jour du premier rdv)


Demain, cela fera deux ans et demi. 
Tout pile.

(Oui, on a cessé toute contraception un 1er janvier. C'est cliché. C'est une longue histoire)
(Mais c'est pratique pour faire des calculs)
(Mais, du coup, ça me plombe la Saint-Sylvestre)

Deux ans et demi. C'est pas un anniversaire.  
C'est plutôt un non-anniversaire.
Mais cela fait plusieurs semaines que je la regarde arriver, cette date. 
Et bien voilà.. 
Elle est (presque) là.
Elle est (presque) passée. 
Et pourtant, 
On ne sait toujours pas pourquoi ça ne marche pas. 
On ne sait évidemment pas combien de temps ça durera. 
Hum... 
Finalement, le mieux, pour passer cette date sans trop de tristesse, ce serait peut-être de me faire...

UN CADEAU !!!

Oui, je vais faire ça... 
Demain, je vais m'acheter un cadeau.




 

lundi 24 juin 2013

Attention : Danger !

On ne le dit pas assez, mais l'arrêt maladie est une période à risque pour l'infertile (a fortiori pour "l'infertilia aigrita" que je commence à être suis). Pourquoi ?? Vraiment, vous ne voyez pas ?  


 

Quand vous êtes au boulot...

- vous ne vous regardez pas le nombril. (au propre, comme au figuré) (mais faut dire que mon nouveau nombril fait peur)

- vous ne regardez pas les rediffusions de "Desperate housewives" sur M9. (Dans l'épisode du jour : Bree fait croire au monde entier qu'elle est enceinte. Mais en fait, c'est sa fille qui est enceinte. Eddy, elle, fait pipi sur un TG, puis propose à Carlos de faire un enfant...)

- vous ne passez pas tellement de temps à zoner sur la blogosphère que vous vous retrouvez sur des sites de mamans (photos de bébé = douleurs de cicatrices) (Ne cherchez pas pourquoi). 

- Vous n'entendez pas la fille de votre voisine pleurer (Je sais, je sais... argument de totale mauvaise foi, parce qu'un bébé ne pleure pas que les jours ouvrables).  

- vous ne tapez pas "Prénoms + Garçon" dans un célébrissime moteur de recherche (Oui, en ce moment, je cherche des prénoms de remplacement, au cas où une copine donnerait le prénom que j'ai choisi il y a près de trois ans déjà pour mon hypothétique fils). 

Alors, un conseil : méfiance ! 


(A moins que vous ne fassiez tout ça sur vos heures de travail. Mais, alors : quel boulot faites-vous ??)


samedi 22 juin 2013

Coelioscopie

Bon. Voilà... la coelioscopie, c'est fait.

Version pointilliste, ça donne 
- une petite épilation
- une double douche à la bétadine
- une nuit blanche
- un départ à jeun pour l'hosto
- une petite casaque bleu-nuit
- un xanax donné par l'infirmière
- un sourire de Princesse Sarah, décidément fabuleuse, à mon arrivée au bloc
- une voix toute douce : celle de l’anesthésiste.
- un réveil douloureux
- deux petits pansements (sur le nombril et sur le pubis)
- un bidon tout gonflé
- un second sourire de Princesse Sarah
- un bilan rassurant : tout va bien, dans le bidon tout gonflé
- une photo de mes ovaires et de mon utérus (beuh... ça donne pas très faim)
- une visite de MonMari
- un jus d'orange
- une visite de mon papa.
- une compote
- une autorisation de sortie délivrée à 17h.
- un "je suis fier de toi", murmuré par MonMari
- un cheminement pénible vers la voiture.
- une douleur dans l'épaule gauche.
- des heures et des heures de sommeil....

Je suis à la fois soulagée. Et un peu déçue aussi.
Soulagée que tout ce soit bien passée.
Un peu déçue, parce que je m'attendais à ce qu'on nous dise : "Tout est réglé ! Une petite adhérence de rien du tout. Maintenant qu'on a opéré, tout devrait rentrer dans l'ordre... (aka : vous allez tomber enceinte le mois prochain, ma petite dame)."

Et je suis aussi groggy. Shootée aux anti-douleurs.

Ne reste plus qu'à cicatriser.
Et à attendre (encore et toujours) notre prochain rendez-vous avec Princesse Sarah (dans un mois... pour vérifier que tout va bien et lancer un nouveau protocole. Une IAC, probablement)...

J'ai (un peu) l'impression d'avoir fait tout cela... pour rien.
De la peur, de la douleur... pour bien peu de chose. 

MonMari, lui, dit qu'on avance.
S'il le dit, c'est que ça doit être le cas.
Dans les brumes des anti-douleurs, je ne me rends pas bien compte...

samedi 15 juin 2013

Puzzle

Je suis un puzzle.
Un puzzle, dont je n'arrive pas à assembler les morceaux.

16h : Je suis une prof. Je souhaite de bonnes vacances à mes élèves. Et bon courage pour leurs examens.
17h : Je suis une patiente de Princesse Sarah. Une patiente à qui on programme une cœlioscopie. Ce sera pour le 21 juin.
18h : Je suis une autre patiente. Celle de la psy qui me regarde essayer d'assembler les pièces de puzzle.
19h : Je suis une épouse de mauvais poil, qui n'a pas envie de sortir.
20h : Je suis une gentille fille, qui donne des nouvelles à son papa et à sa maman. A ses risques et périls.
21h : Je suis une amie plutôt conciliante, qui dit quand même oui au verre que nous propose nos potes.
22h : Je suis une psychopathe, qui se demande si c'est bien raisonnable de programmer une cœlioscopie en  deuxième partie de cycle (on ne sait jamais, je pourrais être enceinte !).
23h : Je suis une nullipare, qui ne peut s'empêcher de faire des listes de prénoms dans sa tête. Depuis le temps que je fais des listes, elles commencent à être longues...

Selon l'heure, je suis également :
- une bloggeuse, qui a bien du mal à écrire un post joyeux de temps à autre. (Désolée, d'ailleurs)
- une lectrice de blogs assidue (mais qui commente peu en ce moment)
- une copine peu disponible ("J'ai du boulot" / "J'ai des copies"/ "J'ai un cours à préparer")
- une membre du collectif BAMP ! qui ne sait pas trop de quelle manière s'investir. 
- la maîtresse bienheureuse du chat le plus poilu du monde (Remarquez, en cette période de mue, je suis surtout l'heureuse propriétaire du canapé le plus poilu du monde !!)
- une voisine chelou, qui garde ses lunettes de soleil dans les escaliers (Oui. Parce que ça me donne l'impression d'être une star ^^).
- une collègue un peu bonne poire.

Je sais : tout être humain est composé d'une multitude de facettes. C'est ce qui fait notre complexité / richesse / intérêt. Et tout et tout. Mais depuis que je suis en PMA, j'ai l'impression qu'il est plus difficile encore de faire coincider toutes ces facettes.
Et, parfois, je trouve ça un peu inconfortable. 

Mais parfois, seulement...

Le reste du temps ? J'ai l'impression d'être Batman ! Et c'est la classe. ^^


Le symbole du fol espoir que je place en Princesse Sarah ! Mouarf !!

dimanche 2 juin 2013

En avoir ou pas

En avoir ou pas (de l'espoir) ?

14 DPO :
Retour présumé des règles.
Des nausées.
Les seins douloureux.
Qui sait : l'acupunctrice a peut-être fait des miracles...

15 DPO : 
Toujours pas de saignements. 
Des nausées.
Les seins douloureux.
Mais MonMari a choppé une gastro.
Je l'ai peut-être attrapée, moi aussi. ça expliquerait les nausées.

16 DPO :
Toujours pas de saignements.
Ni de gastro. 
Des nausées.
Les seins douloureux.
J'achète un test de grossesse. Mais me promets de ne pas l'utiliser avant le lendemain matin.
Les heures passent.
Toujours pas de saignement.
Je passe ma journée à attendre que vienne le lendemain.

En avoir ou pas (de la chance) ?

16 DPO toujours.
La fin de journée approche.
Cette fois-ci serait donc la bonne ??
Des nausées ?!
Les seins douloureux ?!!
Et puis...
Les règles.
Les vraies.
Celles qui ne laissent plus aucun doute sur l'issue du cycle.
Et les larmes, bien sûr.
Les larmes, encore. 

"La vague" ne passera donc pas par moi.
Pas ce mois-ci en tous cas...

C25 - J1 :
Nous voilà repartis pour un tour. 
C'est peut-être ça, les nausées ?




mercredi 29 mai 2013

Princesse Sarah

Je la vois déjà comme une bonne fée,
Parce qu'elle va nous donner, j'en suis certaine, un vrai petit garçon.



 Mais parce qu'elle a un nom de princesse, nous l’appellerons désormais Princesse Sarah.

Aujourd'hui, donc, nous avons rencontré NOTRE gynéco, alias Princesse Sarah [(c) Marre d'attendre].

Princesse Sarah est d'une grande gentillesse. Et d'un grand professionnalisme.
Cette première consultation, qui a duré près d'une heure, a donc été à la hauteur de mes attentes.

J'étais tendue, très tendue, en arrivant à l'hopital.
Tellement tendue que j'ai pleuré un peu.
J'étais détendue en le quittant. Très détendue.
Tellement détendue que j'ai pleuré un peu.

Princesse Sarah a repris notre dossier. Le bilan de l'hystérosalpingographie, notamment.
Elle a observé les radios avec attention.
A tiqué.
A posé quelques questions.
A fait observer que le produit de contraste semblait ne pas s'être aussi bien répandu à droite qu'à gauche... Avec MonMari, on s'est regardé. Un peu perplexes, mais rassurés.Voilà quelqu'un dont le regard est sûr. A qui nous allons pouvoir faire confiance. En qui nous avons déjà confiance.

Le bilan de l'hystéro est resté sur son bureau. Elle va faire le point en staff, avec ses collègues. Mais pour elle, il faudrait faire une coelioscopie, pour vérifier qu'il n'y a pas d'adhérence. Ou, s'il y en a, les traiter.

Dans la foulée, elle m'a refait une écho endo-vaginale. 
A trouvé beaucoup de follicules. Un corps jaune.
S'est montrée rassurante.
A trouvé mon taux d'AMH parfait. 
A pesté contre son ordinateur.
A beaucoup souri. 

Rendez-vous est pris pour dans une dizaine de jours.
Pour refaire le point. Pour décider si coelio il y a aura.
Et, en fonction de ça, décider de la suite des opérations.

J'ai quitté l'hôpital à contre-coeur (mais détendue !)
J'aurais voulu rester dans ce lieu où je peux parler utérus, endomètre, follicules, FSH, AMH, Progestérone, sans être prise pour une folle ou avoir l'impression de mettre les gens mal à l'aise.
Je n'avais pas envie de remettre mon masque.
Celui que je porte chaque jour pour dissimuler mes angoisses et préoccupations.

D'ailleurs, quelques heures plus tard, j'ai fait l'erreur de tomber le masque devant ma mère.
Elle m'avait appelée pour me demander comment le rendez-vous s'était passé.
Alors je le lui ai dit.
J'ai parlé franchement.
J'ai expliqué les choses telles que je les ressentais.




Devinez ce qu'elle m'a répondu !
"Maintenant, ce qui serait bien, c'est que tu y penses moins / que tu lâches prise / que tu la laisses gérer / que tu arrêtes de chercher des infos sur les traitements et procédures / que tu penses à autre chose."
Et, bêtement, au lieu de dire "moui, moui, c'est vrai", j'ai répondu / tenté de lui faire comprendre / argumenté / expliqué / insisté / rétorqué. 
Heureusement, une circonstance sans intérêt nous a obligé à mettre fin à notre conversation.

Comme il est dur d'accepter que les autres ne comprennent pas.
Ne peuvent pas comprendre.
Ou du moins, pas vraiment.
Comme il est dur d'accepter que des êtres si proches de nous,
Passent à côté d'une des plus grosses épreuves de notre courte vie.
Je me dis des fois que, le jour où je serai enceinte (notez l'optimisme que traduit l'emploi du futur ^^), le jour où nous l'annoncerons à nos parents, une fois encore, nous serons en décalage avec eux.
Parce qu'ils ne comprendront pas.
Ils ne mesureront pas. 
Pas grave. Avec MonMari, ce sera notre secret. 

J'ai été longue aujourd'hui.
Très longue.
Un dernier mot, cependant.
Pour vous remercier...
d'être là
de passer
de me lire
de commenter.
et de comprendre.

mercredi 22 mai 2013

Ambivalence

Etrange sensation de flottement.
Entre deux eaux.

Dans quelques jours, nous rencontrons celle qui deviendra (j'espère) NOTRE gynéco.
Pas une gynéco de ville. Une gynéco de CHU. Une Gynéco PMA.
Voilà deux mois que j'attends ce rendez-vous. Avec impatience.
L'impatience est toujours là...
Mais je commence à ressentir un léger doute.
Comme une ombre qui planerait sur mon enthousiasme. 
Et si ce rendez-vous était décevant ?
Et si cet attente ne débouchait que sur une nouvelle attente ?
Et si ce rendez-vous ne donnait rien ? 

Lorsque la fin juin arrivera, nous en serons à deux ans et demi d'attente.
Je sais : par rapport à certains parcours, c'est terriblement court.
Mais à l'échelle de mon petit nombril... c'est terriblement long. 
Combien de mois, d'années devrons-nous encore attendre ?
Et pour quel résultat ?

L'autre jour, sur un bout de papier, ces quelques mots griffonnés :
"C'est une béance qui me traverse de part en part, mais qu'on ne peut percevoir à l'oeil nu,
- Sont effrayés ceux qui, par mégarde, y glissent les doigts-
Car il faut vivre chaque jour avec cette peur au ventre : Et s'il ne venait jamais ?"

Et pourtant, malgré ces mots noirs, malgré ces ombres qui planent,
Un vague sentiment de résignation (probablement le privilège de ceux qui sont à quelques jours d'un rendez-vous qu'ils espèrent déterminant). Une douceur au quotidien (Celle de MonMari). Des sourires malgré le temps gris (Ceux de mes amis). 

A cet état d'âme indécis
Ce flottement
Cet entre-deux
S'ajoute une fatigue. Un malaise. Un constat.
Qui pèse plus ou moins lourd, selon les jours, dans la balance. 
Nous sommes fin mai ? Bientôt le mois de Juin ? Cela fait donc 9 mois (9 mois !) que je vais travailler, une petite boule (d'angoisse) niché au creux du ventre ? L'année (scolaire) se terminera donc avant que j'ai pu prendre confiance dans ma capacité à faire mon boulot correctement ?
Alors j'attends (encore).
J'attends que l'année (scolaire) se termine pour de bon.
Pour cesser d'avoir peur quelques temps.

Pas faute d'être mise en garde, pourtant, contre les dangers de cet état d'attente.
Il paraît que "Le plus grand obstacle à la vie est l'attente, qui espère demain et néglige aujourd'hui".